Vocalement V˘tre
  Bernard Gabay
 
Voici ce soir l'interview de Bernard Gabay, dont une partie du travail est observable sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Gabay
Un grand moment, encore une fois !
L'interview est en deux parties, je n'ai malheureusement pas eu le choix. La photographie utilisée pour la vidéo a été réalisée par Michel Courant.






Tout d’abord, qu’est-ce qui vous a poussé à devenir comédien, un rêve de gosse ?

Oui tout à fait, on peut dire ça, un rêve d’enfant.

-          Et qu’avez-vous suivi comme cursus ?

En fait, j’ai pris un seul cours d’art dramatique, à l’âge de 16 ans, et j’ai été engagé, par une suite d’heureux hasards, dans un film pour le cinéma qui s’appelait Les Turlupins et dont j’ai été le héros du jour au lendemain. C’était un film de Bernard Revon.

-          De quoi parlait le film ?

C’était des adolescents autour de 15 ou 16 ans dans un internat pendant la Seconde Guerre Mondiale, et toutes leurs stratégies pour atteindre le collège des filles, leurs turlupinades. Et tout cela amenait à la première histoire d’amour du héros, que j’incarnais.

-          Autre que le cinéma, vous avez fait beaucoup de théâtre, qu’est-ce qui vous y attire le plus ?

Au départ, c’était les grands textes, les grands auteurs. C’est ce qui m’active toujours aujourd’hui, d’ailleurs, Tchekov, Shakespeare, Labiche, Claudel…  C’est fou le nombre d’auteurs qui nous plongent dans une sorte de puits insondable de complexité et de richesses, et qui peuvent donner des joies incroyables dès qu’on creuse un peu, qu’on incarne les personnages, et qu’on mène des enquêtes, sur eux, sur la pièce, sur l’auteur, sur nous, en quelque sorte !
(nous plongent dans une sorte de puits insondable de complexités

-          Peut-on vous voir jouer en ce moment ?

Alors on va bientôt pouvoir me voir jouer au Théâtre National de Strasbourg, une pièce de Labiche, La Cagnotte, un  vaudeville, au printemps (2009, ndlr).
Ca raconte l’épopée d’un groupe de provinciaux qui jouent à la bouillotte, et qui économisent pour se constituer  une cagnotte. Ce sont tous des bourgeois un peu mesquins, plein de secrets, finalement assez proches de nous à cet égard. Ils passent discrètement des annonces de recherche matrimoniale. Ils finissent par casser leur cagnotte et décident de partir à Paris, et pour certains se rendre dans cette sorte de salon, pour accéder à cette promesse de bonheur – c’est vendu comme ça en tout cas.  Je joue l’entremetteur, une sorte d’illusionniste qui veut éblouir tout le monde et, puisqu’il fait payer les uns et les autres, « vendre » de la rencontre et du mariage.

-          Et quel est le meilleur souvenir que vous gardiez du théâtre ?

C’est difficile ça, parce qu’il y en a un certain nombre ! Récemment, c’est quand même La Périchole (de Jacques Offenbach), Oncle Vania (de Anton Tchekhov) et Le Cadavre Vivant (de Tolstoï), des spectacles que j’ai joués récemment avec la metteur-en-scène Julie Brochen, pour laquelle  je vais jouer La Cagnotte, justement. Avec elle, tout est combiné, la beauté des textes, son inspiration, son audace, son humanisme, et surtout, l’art d’associer certains acteurs, artistes, musiciens, éclairagistes, scénographes, décorateurs…
J’ai fait une grande rencontre aussi avec un auteur - metteur-en-scène - musicien qui s’appelle David Lescot (il a eu le Molière de la révélation théâtrale, pour La Commission Centrale de l’Enfance) avec qui j’ai fait deux spectacles de théâtre musical, et que je considère comme un frère de théâtre. Il y a aussi… C’est difficile ! Un autre qui m’est très cher, un spectacle avec un metteur-en-scène russe, qui s’appelle Emile Salimov, pour qui j’ai joué une adaptation du Procès de Kafka, dans laquelle je jouais le rôle de K, c’est un grand souvenir pour moi !

-          J’ai vu aussi que vous chantiez, vous pouvez nous en dire plus ?

Je chante depuis à peu près vingt ans, j’ai fait 15 ans de chant lyrique, puis j’ai rencontré il y a une dizaine d’années une femme qui s’appelle Giovanna Marini, qui est une ethnomusicologue italienne et qui recueille les chants traditionnels d’Italie. J’ai suivi cinq années d’études avec elle, à l’université de Paris VIII, en ethnomusicologie, où on travaillait les chants traditionnels d’Italie du Sud, des polyphonies majoritairement a cappella. Et pour moi la force de ces chants est absolument extraordinaire, tellurique, parce qu’ils précèdent toute la musique savante, et parce qu’ils sont la musique des gens ordinaires, dans un sens noble, des gens simples. Ces chants rejoignent l’origine du théâtre, du point de vue de l’oralité, ce qui se transmettait de cœur à cœur, de générations en générations  et ont gardé une force archaïque, qui m’avait instantanément saisi. J’en ai reçus beaucoup, et j’en ai transmis certains, dans des spectacles, dans Le Cadavre Vivant par exemple où j’avais fait travaillé un chœur. J’ai aussi fait de la direction musicale, tout en chantant aussi (La Fausse Suivante, de Marivaux).
Et depuis quelques temps, je travaille avec Martina Catella, qui dirige les Glottes Trotters, école de chants du monde. Elle a une façon de faire travailler vraiment complète, qui permet de la faire voyage dans les résonances du corps, vers toutes sortes de styles et d’esthétiques musicales différentes – russes, bulgares, turcs, argentins, etc ! Nous nous produisons régulièrement dans des concerts, au New Morning avec des tziganes, au Festival des Suds à Arles. Là ce sont des chants du monde, c’est une spécialiste des musiques du Pakistan, d’Asie Centrale. Elle a à cœur de mélanger les élèves qu’elle forme à ces chants-là, et les musiciens dont c’est vraiment la culture. Il y a un pont entre  nous qui le travaillons et eux qui le vivent depuis leur enfance.

-          Oui, c’est vraiment une rencontre.

Une rencontre, oui, des ponts, c’est miraculeux ce qui se passe, c’était inoubliable !

-          Pour en revenir un peu au cinéma et à la TV, j’ai vu que vous aviez joué dans un film tourné en anglais, et un téléfilm tourné en espagnol, pouvez-vous nous en dire plus ?

Alors, le film en anglais, c’était un moyen-métrage, Bach and Variations, du réalisateur Anthony Fabian, qui se trouve être la personne qui m’a doublé aux Etats-Unis dans le premier film dans lequel j’ai tourné, Les Turlupins. Il avait cherché à me contacter plus tard, parce qu’il avait très envie de me rencontrer et de travailler avec moi. Et puisqu’il s’est destiné, après ses activités d’acteur, à devenir metteur-en-scène, il m’a proposé cette histoire, qu’il voulait tourner avec moi, et des acteurs anglais, à Londres. Ca m’a vraiment enchanté de tourner ça dans les deux langues, j’aime beaucoup ça. Il vient de réaliser son premier long-métrage, Skin, en Afrique du Sud, qui sort cet été à Londres.
En ce qui concerne le film tourné en espagnol, eh bien comme j’ai des origines espagnoles, je peux très vite m’y mettre. Et quand il a été question de faire des essais sur ce tournage sur Pablo Neruda, où on cherchait un acteur qui puisse l’incarner, la société de production m’a demandé de travailler ses poèmes, j’ai passé les essais, et j’ai tourné dans ce docu-fiction.

-          Je suppose que ca fut une bonne expérience ?

Oh oui, bien sûr ! D’abord, j’adorais travailler en espagnol, l’œuvre poétique de Pablo Neruda est magnifique, c’est passionnant ! C’est une expérience très enrichissante de tourner dans une langue étrangère, et de bouleverser tous ses repères.

-          Et qu’est-ce qui vous a amené, plus tard, à vous spécialiser dans la synchro ?

Alors, le mot « spécialité », pour moi, s’entend dans le sens où j’en fais de façon régulière, mais pas exclusive. A mes tout débuts, l’acteur André Lambert, qui m’avait à l’époque fait rencontrer les personnes grâce auxquelles j’ai tourné dans Les Turlupins, faisait du doublage. Il m’a donc présenté à une maison de doublage, Record Films. Gérard Cohen, son directeur, dirigeait à l’époque les versions françaises de la fine fleur des auteurs étrangers. Ca m’a tout de suite aimanté. On entre pour donner sa voix, et essayer de suivre ce que fait le personnage, et ça s’apparente un peu pour moi à La Rose Pourpre du Caire, de Woody Allen, puisqu’après l’avoir enregistrée, on écoute sa propre voix, amplifiée et rentrée dans l’écran. C’est comme rentrer dans la chair de l’image. C’est encore pour moi un effet assez magique !

-          Georges Caudron me disait qu’au début, c’était un peu dur d’accepter sa propre voix à l’écran, vous avez ressenti ça aussi ?

Oui, bien sûr, je ne supportais pas de m’entendre au début ! Quand j’étais plus jeune, j’avais beaucoup de mal, et à me voir n’en parlons pas ! On se voit sous un autre angle, on ne se voit bien évidemment pas comme dans un miroir, car la caméra crée une sorte de quatrième dimension. On se voit de trois quarts, de dos, d’un œil extérieur, comme les autres nous voient, et ça c’est un choc !

-          Et est-ce que vous avez une façon particulière de rentrer dans le rôle du personnage dont vous vous occupez ? Je pense surtout à la série La Fureur dans le Sang, car quand on voit le sujet traité, et la personnalité du personnage principal, on pourrait s’attendre à ce que votre approche soit un peu plus spéciale.

Oui, incontestablement. Là, vous me parlez vraiment des choses que je préfère, j’aime beaucoup ce personnage de Tony Hill.

-          J’adore vraiment cette série, je l’avais découverte par hasard sur Canal +, et je n’avais jamais pu m’en décoller. Le psychiatre est lui-même à limite de la folie, il parle tout seul, il est dans son monde, il ne se rend pas toujours compte de ce qu’il fait. Par exemple, quand il quitte soudainement une réunion pour s’occuper de son affaire, on sent qu’il n’est pas totalement sain d’esprit.

Oui, et c’est ça qui est passionnant. Avec les anglais, on n’est plus du tout dans quelque chose de superficiel. Ils osent aborder et traiter des sujets comme on le fait assez peu en France. On y voit tout un tableau de la société anglaise où ont lieu ces crimes atroces qu’il est sensé résoudre. Il analyse les abîmes des êtres qui sont touchés par ces dérèglements. Ce qu’il y a de fantastique dans cette approche du scénario, c’est que l’on affronte avec une franchise absolue la réalité d’une société en pleine déréliction. On ne fait pas comme dans certaines séries américaines, c'est-à-dire juste le crime, attraper l’assassin, le punir, et l’épisode s’arrête. Mais ici, on essaye de comprendre les fondements des dérèglements humains, au moyen de recherches approfondies sur les pathologies et leurs liens avec les actes destructeurs des criminels.

-          Et puis Robson Green joue vraiment bien, il donne vraiment l’impression de fouiller, de s’enfoncer un peu plus dans le passé, dans l’esprit de ces êtres, jusqu’à lui-même sombrer.

C’est ça, c’est sa façon de les trouver, s’immerger dans la logique et l’esprit du criminel, virtuels au départ, puis de plus en plus réels, jusqu’au vertige, puisque c’est une sorte de cohabitation, 24H/24H.

-          Dans le premier épisode de la série, il se fait même enlever par le criminel de l’épisode.

Oui voilà ! Alors pour Robson Green, le travail est énorme ! Puisque dès qu’il y a un déclenchement de pensées, il parle en même temps qu’il pense. Le piège, ce serait de lire les blocs énormes de texte qu’il peut avoir, sans reproduire l’instantané de la réflexion. Et ça me demande une préparation particulière. J’ai besoin d’avoir le texte avant, de façon à le relire, le relire, le relire, pour ne surtout pas le découvrir le jour où je dois enregistrer, de façon que à ce que tout soit parfaitement intégré du point de vue du sens, et de façon à rechercher à reproduire un instantané, un présent. C’est très difficile à faire, mais je ne suis pas tout seul, il y a aussi un directeur de plateau. Au début, je le faisais en Belgique, avec plusieurs directeurs artistiques.  Maintenant, ça se fait en France, en ce qui concerne mon rôle, et c’est Nathalie Regnier, qui dirige aussi la série Desperate Housewives, dans laquelle je double Carlos, qui me dirige. Et il y a vraiment une richesse d’échanges entre nous. Elle m’amène toujours plus loin, et ça pour moi, c’est très précieux, voire essentiel !

-          Et lorsque vous travaillez vos scènes, le faites-vous tout seul, ou avec les autres acteurs ?

Eh bien, quand le doublage se faisait en Belgique, je travaillais avec Véronique Biefnot, qui doublait Hermione Norris. Je faisais toutes mes scènes avec elle.

-          Et depuis que vous travaillez à Paris, ca ne se fait plus ? Enfin, de toute façon, Hermione Norris a quitté la série, c’est Simone Lahbib qui la remplace.

Oui, et c’est une actrice belge qui la double, à Bruxelles, alors que je suis à Paris.

-          N’est-ce pas trop déroutant de travailler sans l’autre ?

Si bien sûr, l’idéal ce serait que tout se fasse à Paris, et avec des acteurs français de préférence, parce qu’il faut savoir que cela se fait en Belgique pour des histoires de budget, parce que c’est moins cher, les acteurs belges s’étant moins défendus que les français dans le secteur du doublage. Donc souvent, comme dans l’industrie française, les choses sont délocalisées, ce qui est le cas de cette série, malheureusement pour l’unité artistique générale

-          Et êtes-vous la voix française officielle d’acteurs comme Viggo Mortensen, ou Robert Downey Jr. ?

Officielle, entre guillemets ! Alors, oui, c’est vrai que depuis Le Seigneur des Anneaux, on m’appelle systématiquement pour doubler Viggo Mortensen, parce que le film a eu un tel retentissement que les producteurs désirent avoir l’acteur qui l’a doublé dans la trilogie. Il y a aussi Robert Downey Jr., que je double depuis peut-être 15 ou 20 ans. Je faisais mes débuts, et je l’ai doublé dans un de ses premiers films (à Records Films, d’ailleurs), qui s’appelle De la neige sur Beverly Hills (1988, ndlr), c’est dire ! Et puis il y a eu la série Ally McBeal dans laquelle je l’ai doublé aussi, ainsi que beaucoup d’autres films, étonnants, où il est formidable, en majorité indépendants tels que Kiss Kiss Bang Bang, ou The Singing Detective. Et puis là, avec Iron Man, c’est un autre circuit qui s’ouvre à lui.
C’est vraiment un acteur exceptionnel, c’est comme un alter-ego pour moi, je me sens absolument en phase avec son fonctionnement totalement imprévisible.

-          Et y a-t-il des acteurs plus difficiles que d’autres à doubler ?

Oui, certainement, mais de toute façon, ce n’est jamais gagné ! Maintenant, je commence à en connaître un certain nombre. Mais pour d’autres, à chaque film, je me pose des questions. Par exemple, Daniel Day-Lewis, que je double depuis Au nom du Père, où il était exceptionnel. J’ai aussi eu à le doubler dans Gangs of New York, où il compose une sorte d’ogre, avec une voix tout droit sortie du grand guignol. Au début, quand j’ai vu le film, je me demandais où j’allais aller chercher ça. Puis petit à petit, on se plonge dans le film, on se jette à l’eau, et il se passe des tas de choses, par mimétisme, par imprégnation, par erreur aussi. Ca, c’est fondamental.
Le temps de travailler, c’est essentiel  pour faire du doublage, pour que ce soit d’une qualité minimale, il faut qu’on ait le droit à l’erreur, le temps de chercher, de travailler, d’écouter l’original. Il y a quelqu’un avec qui j’aime beaucoup travailler, Michel Derain, qui a dirigé beaucoup de grands films d’ailleurs. Avec lui, on sait que le premier jour, on cherche ! Et s’il n’y a pas cette erreur possible, eh bien on arrive avec sa valise de savoir-faire, et on se débrouille avec ce qu’il y a, et on ne bouge pas. Or, pour moi, il est essentiel de se déplacer vers l’acteur, et le personnage qu’il propose.

-          Êtes-vous gestuel dans votre travail ? Je sais que certains acteurs aiment bien bouger pour encore mieux être dans la peau du personnage.

Oui, j’accompagne, il y a un rythme, un mouvement, une respiration que l’on essaye de restituer. Et puis il y a des acteurs, come Gary Sinise, dans Les Experts, où ce n’est pas du tout le cas. C’est quelqu’un d’extrêmement mental. Toute la force de mouvement est concentrée dans la tête et dans la diction, qui est vraiment rigide, tenue, précise.

-          Vous travaillez sur quelque chose en ce moment ?

Oui, je prépare l’ultime saison de la Fureur dans le Sang que je vais commencer. Récemment, j’ai fait The Duchess, avec Ralph Fiennes et Keira Knightley, un très beau film, ainsi que Le Liseur. J’avais aussi fait Tonnerre sous les tropiques.

-          Nominé aux Oscars d’ailleurs !

Ah, Downey Jr est nommé pour ce rôle ? C’est formidable ! Ce qu’il fait dedans, c’est vraiment irrésistible !

-          D’un ordre plus général, vos goûts cinématographiques, cela tourne autour de quoi ?

Je n’ai pas de genre a priori. J’aime les films de Kurosawa, Les Sept Samurais. Les films d’Orson Welles, de Gus Van Sant. Et j’ai découvert ses films en les doublant (My Own Private Idaho), c’est du très, très grand cinéma. J’aime beaucoup Kusturika, Le Temps des Gitans, Underground. Je peux adorer aussi, à côté de cette profusion, le dépouillement de Ozu, du Voyage à Tokyo, et les films de Robert Bresson, qui me fascinent totalement. C’est très variable, je vous disais que récemment j’avais beaucoup aimé The Duchess. Et puis j’ai aussi ouvert mes goûts cinématographiques en doublant des films qu’a priori je n’aurais pas aimés, des séries B, ou des films fantastiques, ce qui n’est pas trop ma tasse de thé ! Et j’ai découvert par exemple L’Echelle de Jacob, de Adrian Lyne, où j’ai doublé Tim Robbins. Et en le doublant, je suis comme rentré dans ce film, et j’ai été complètement fasciné ! Il est pour moi exceptionnel. Au nom du Père, aussi !

-          Et vous gardez des souvenirs particuliers de séances de doublage ?

Ah oui ! J’ai des grands souvenirs ! Par exemple, pour vous parler du cinéma que j’adore, Scorcese ! Impossible de ne pas en parler ! Taxi Driver, Raging Bull, tout ça… Et évidemment, Les Affranchis, dans lequel j’ai doublé Ray Liotta. Je l’ai fait avec Jean-Pierre Dorat, qui était un grand du doublage. Ce que je sais aujourd’hui vient en en grande partie de lui.

-          Pour finir, que répondriez-vous aux personnes qui disent que « le doublage, c’est s’asseoir devant un écran et lire un texte » ?

Qu’elles viennent voir en studio, comment ça se passe ! Ce que donne quelqu’un qui lit un texte, puis ce que donne quelqu’un qui joue !

-          Eh bien merci beaucoup M. Gabay, d’avoir répondu à cette interview !

Mais je vous en prie !
Parmi les choses que j’aime beaucoup, aussi, il y a les pièces radiophoniques pour France Culture et France Inter. Beaucoup de pièces de plein d’auteurs, connus et inconnus, des classiques, des contemporains. Là par exemple, j’ai enregistré une pièce d’un auteur du XVIe siècle qui a inspiré Shakespeare pour Roméo et Juliette, Luigi Da Porto. J’ai aussi fait un feuilleton d’après un roman américain de Evelyn Waugh, Ce Cher Disparu, et ce sera diffusé sur France Culture.
Je parle de la radio parce que c’est un trésor culturel. Et il y a un vrai public, qui est féru de cet imaginaire.

Parmi mes souvenirs préférés se trouve aussi celui du compagnonnage artistique de dix ans environ partagé avec le poète Pascal Tédès, que je tiens pour un des plus grands, avec lequel j'ai dû créer au moins six spectacles de 1984 à 1996.

 



 
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